La protection de la biodiversité

LES OISILLONS TROUVES AU SOL
Avec l’arrivée du printemps, de nombreux oisillons peuvent se retrouver au sol. Ils ne sont pas abandonnés et il est souvent préférable, voire indispensable, de les laisser sur place. Leurs parents se trouvent généralement à proximité même si on ne les voit pas.

Voici quelques conseils pour les aider à survivre dans leur milieu naturel.

Les oisillons sont rarement orphelins !
Chaque année, à partir du mois d’avril et jusque fin septembre, les nichées de jeunes oiseaux commencent à mettre le bec dehors. Pour un oisillon, tomber du nid fait partie des aléas de la vie d’oiseau ! Il n’est pas rare qu’un petit téméraire s’aventure rapidement hors du nid. Les jeunes de plusieurs espèces, telles que les chouettes, les grives, les merles ou les canards colverts quittent régulièrement le nid sans savoir voler, en essayant de suivre leurs parents partis chercher de la nourriture. Ils atterrissent alors au sol où nous sommes susceptibles de les trouver. Parce qu’ils poussent de petits cris plaintifs, on peut croire qu’ils ont été abandonnés. En réalité, les parents se trouvent la plupart du temps aux alentours.

Laisser l’oisillon sur son lieu de découverte
De manière générale, il est préférable, voire indispensable, de laisser un oisillon tombé du nid là où il a été trouvé. Il vaut mieux laisser faire ses parents, qui le nourriront et le guideront à quelques jours de son premier envol. Par contre, si l’oisillon se trouve en un lieu particulièrement exposé et qu’il existe un risque avéré comme la proximité d’une route ou d’un chat à l’affût, il est souhaitable de le mettre en sûreté, en hauteur (sur une branche, un muret ou un buisson) et à proximité de l’endroit où il a été recueilli. Les oisillons en duvet ou peu emplumés, tombés du nid bien trop tôt, doivent être replacés délicatement dans leur nid si c’est possible et si ce dernier est intact.
Si l’oiseau est blessé, afin d’éviter tout geste irréparable, il vaut mieux contacter la LPO (pour le Finistère, Faune sauvage en détresse, 06.62.15.39.43).
Après l’avoir recueilli, il devra être acheminé vers un centre habilité : la plupart des oisillons sauvages sont intégralement protégés par la loi et leur détention est rigoureusement interdite.

Quelques astuces pour faciliter la nidification des oiseaux
La saison de nidification dure environ de mars à août. Pour éviter de perturber les oiseaux pendant cette période sensible, quelques conseils simples peuvent être suivis :

Ne pas tailler les haies et les arbres : cela pourrait déranger les couples en cours d’installation et porter atteinte aux nids, aux œufs ou aux poussins. Reporter ces travaux à l’automne suivant.

Observer son jardin et surveiller ses aménagements : par exemple, penser à vérifier régulièrement les nichoirs en bois (fixation, bonne tenue), lesquels peuvent être fragilisés par les aléas climatiques et causer ainsi des accidents.

Si votre jardin ne dispose pas de lieux propices à accueillir des nids, le mieux est d’installer des nichoirs, adaptés aux espèces que vous souhaitez héberger. Les allées et venues du couple pour la création du nid, puis pour nourrir la couvée, et enfin, l’envol des jeunes est un spectacle quotidien dont on ne se lasse pas !

Obturer les cavités pièges : de nombreuses espèces qui cherchent des cavités pour nicher peuvent pénétrer ou tomber dans des cheminées ou des gouttières sans pouvoir en ressortir seules. Elles sont alors condamnées à mourir de faim ou d’épuisement… Pour éviter cela, l’accès à ces ouvertures peut être facilement obturé grâce à des grillages! Si vous avez des poteaux dans votre jardin (par exemple, pour tenir un grillage), veillez à les obstruer ; une petite pierre fera très bien l’affaire.

DES NICHOIRS POUR PASSEREAUX
De nombreux oiseaux, comme les mésanges, édifient leur nid dans une cavité : arbre creux, trou dans un édifice ou sous un toit… Malheureusement, ces cavités naturelles se raréfient de façon alarmante car les arbres creux sont coupés, les bâtiments impeccablement rénovés… Même si le milieu offre des ressources alimentaires suffisantes, il ne présente plus les sites favorables de nidification. Pour suppléer à cette disparition, disposer des nichoirs est une solution ludique et efficace pour aider les oiseaux cavernicoles à nicher dans votre jardin.

Conditions pour réussir un nichoir
Toutes les conditions de confort et de sécurité pour que les nichées réussissent doivent être réunies. Le nichoir doit être suffisamment grand, avec une base de 12×12 cm au moins et une hauteur de 15 cm minimum entre le trou d’envol et le fond du nichoir (sauf préconisations contraires). Il doit être résistant et imperméable aux intempéries. Evitez les nichoirs aux parois trop minces, montés de façon douteuse ou présentant des fissures. Il doit imiter au mieux les conditions naturelles. L’intérieur est laissé brut, non traité et non raboté pour que les oiseaux puissent sortir en s’accrochant aux rugosités du bois. L’extérieur est de couleur neutre, le mieux étant de le laisser se patiner ou de le recouvrir d’écorce. Chaque espèce possédant des exigences spécifiques, le nichoir doit être adapté à l’oiseau que vous souhaitez accueillir, étant entendu que l’environnement immédiat est favorable à cette espèce. (Vous trouverez des conseils pour la fabrication de vos nichoirs sur le site refuges.lpo.fr.).

Emplacement
Jamais  en  plein  soleil  ou  à  l’ombre  complète. Le  trou  d’envol  doit  être  à  l’opposé  des  vents dominants  et  le  nichoir  légèrement  penché vers  l’avant  pour  protéger  les  oiseaux  des intempéries.  Une  orientation  est-sud-est  du  trou d’envol  est  conseillée.  Le  nichoir  doit  être  installé dans  un  endroit  calme,  sur  un  mur  ou  un  arbre, hors  de  portée  des  curieux  à  deux  ou  quatre pattes.  Evitez  de  le  fixer  sur  un  arbre  recouvert  de mousse,  le  tronc  étant  humide,  ni  aux  branches d’un  peuplier  ou  d’un  bouleau  car  elles  sont fragiles  et  cassantes.  Si  après  2-3  ans  le  nichoir n’a  jamais  été  occupé,  vérifiez  que  vous  avez  bien respecté  tous  ces  conseils  et  recherchez  un  autre emplacement.

Fixation
Veillez  à  ce  que  le  nichoir  soit  solidement  fixé.  La barre  de  fixation  doit  être  vissée  sur  le  nichoir. Pour  éviter  de  blesser  l’arbre  et  pour  resserrer la  fixation,  disposez  un  morceau  de  planche ou  de  bois  entre  le  tronc  et  le  fil  de  fixation,  de préférence du fil électrique gainé.

Période d’utilisation
Dès  l’automne  ou  au  début  de  l’hiver  car  certains oiseaux,  comme  les  mésanges,  recherchent  très tôt  les  sites  favorables  et  d’autres,  comme  le troglodyte mignon, y dorment parfois en hiver.

Protection contre les prédateurs
Evitez  de  disposer  le  nichoir  au  faîte  d’un  mur  ou à  proximité  de  branches  horizontales,  facilement accessibles  aux  chats  et  autres  prédateurs.  Supprimez  le  perchoir  éventuellement  incorporé au  nichoir  qui  leur  facilite  l’accès.  Une  plaque métallique  «  anti-prédation  »  autour  du  trou d’envol  empêchera  les  pics,  lérots  et  écureuils de  l’agrandir  pour  détruire  la  nichée.  Contre les  grimpeurs,  vous  pouvez  fixer  autour  du tronc  une  chaîne-herse  Stop-Minou (boutique.lpo.fr)  ou  bien  des branches  épineuses  dirigées  vers  le  bas,  voire  du barbelé  ou  une  plaque  métallique.  Assurez-vous au  préalable  que  ces  protections  ne  soient  pas dangereuses pour les enfants.

Combien de nichoirs installer ?
La  plupart  des  oiseaux  défendent  leur  territoire contre  les  intrus  de  la  même  espèce.  Il  est  donc inutile,  voire  néfaste,  de  disposer  en  trop  forte densité  des  nichoirs  destinés  à  une  même  espèce (même  type,  même  diamètre  de  trou  d’envol). Aussi,  il  est  bon  de  varier  les  modèles  et  de respecter  des  distances  minimales  entre  deux nichoirs identiques :  15 à 20 m pour la mésange bleue, 40 à 50 m pour la mésange charbonnière, 70 à 80 m pour la sittelle torchepot, 200 m pour la bergeronnette grise. Par  contre,  les  moineaux  friquet  et  domestique ou l’étourneau sansonnet peuvent  nicher en colonie et les nichoirs peuvent être posés les uns à côté des autres.

Suivi et entretien du nichoir
Ne rentrez pas dans la vie intime de vos hôtes en ouvrant le nichoir durant la période de nidification, ils risqueraient fort d’abandonner leur progéniture. Avec des jumelles, à l’affût, vous pourrez suivre de loin les allées et venues des parents et les premières sorties des jeunes. Chaque année, nettoyez le nichoir pour prévenir les risques de maladie et les invasions de parasites. Videz-le de tous ses matériaux, brossez l’intérieur avec une brosse métallique. Si besoin, passez un coup de chalumeau pour détruire les parasites ou badigeonnez à l’essence de thym ou de serpolet. Réparez le nichoir ou colmatez-le si nécessaire et vérifiez la solidité de la fixation. Effectuez ces travaux après la saison de reproduction. L’idéal est en septembre-octobre car il y a alors peu de risques de déloger des chauves-souris, un loir ou un lérot, des guêpes ou autres hyménoptères qui élisent parfois domicile dans les nichoirs.

TAILLE DES HAIES ET PROTECTION DES OISEAUX
Les services rendus par les arbres et les haies sont inestimables : contribution à la préservation du climat, de la biodiversité, du paysage, lutte contre l’érosion… De plus, ils offrent à de nombreux oiseaux un environnement idéal pour nicher. Pour les préserver, ne taillons pas n’importe quand.. .

Taille en période de reproduction des oiseaux
Les arbres et haies offrent une protection végétale à certaines espèces venant y faire leur nid ; il est donc nécessaire d’effectuer les travaux de taille en dehors de la période de nidification (un nid n’est pas forcément visible dans un arbre ou une haie !).
Détruire le nid d’une espèce protégée au titre de l’article L411-1 du code de l’environnement constitue un délit passible de deux ans d’emprisonnement et 150 000 euros d’amende (L415-3 dudit code) et détruire le nid d’une espèce chassable correspond à une contravention de 5e classe (article L424-10 du code de l’environnement).
Pour faire constater la destruction d’un nid, essayer de récolter des preuves et contacter immédiatement la police de l’environnement (Office français de la biodiversité, « OFB ») ou un agent de police ou de gendarmerie.

Espèces protégées
Lorsque, de manière générale, l’abattage ou la taille d’un arbre ou d’une haie impacte une espèce protégée ou son nid, les règles particulières de protection de l’espèce s’ajoutent aux règles de protection de l’arbre ou de la haie en question.

Il est donc fortement déconseillé de tailler les haies de nos jardins entre le 15 mars et le 31 juillet.